samedi 12 avril 2014

Stratégie - La France et la sécurité en Asie-Pacifique

Faire (parfois faire-faire) et faire savoir !

Utile document que celui qui vient d'être publié ces jours-ci par le ministère de la Défense pour présenter la politique de défense et de sécurité de la France en Asie-Pacifique. Classique pour un document de cette nature, l'organisation s'articule autour des intérêts propres à la France et partagés avec ses partenaires à l'échelle globale et régionale, les risques et les menaces liés à la zone, et les différents outils mis à disposition pour la participation au renforcement des capacités de souveraineté des états de la zone (les engagements, les accords, la coopération structurelle et opérationnelle, l'industrie d'armement et le soutien à l'exportation).


Sur la forme, la clarté (avec de très utiles cartes, notamment sur les accords internationaux de la zone, la présence militaire française et le réseau de coopération : exercices, attachés de défense ou de sécurité, etc.) et la concision (une vingtaine de pages présentée de manière moderne) ne sont pas les moindres de atouts pour prouver, témoigner et expliquer efficacement l'engagement de la France dans cette zone. L'existence (dès sa parution...) d'une version en Anglais (comme cela avait été le cas pour le Livre blanc) en fait un outil pratique, à même d'être largement diffusé auprès de nos partenaires.

lundi 7 avril 2014

VAB Ultima en Centrafrique : l'exemple d'un compromis difficilement trouvable ?

Ultime évolution d'un vétéran des armées françaises, le VAB ULTIMA a été récemment déployé en République centrafricaine (RCA). Si ses récents utilisateurs se réjouissent de sa fiabilité mécanique, de la protection offerte et de ses capacités d’agression, ces avantages se font au détriment de sa mobilité, pas la moindre des qualités nécessaires sur un théâtre d’opérations comme celui-ci.
 
 
Comment rendre aveugle un conducteur... Notez le système TOP (optiques / mitrailleuse) au-dessus du tireur et la plaque anti-IED sous la caisse. Crédits : ECPAD. 
 
Ce type de véhicule est un bon exemple de la recherche la plus équilibrée possible entre les 3 caractéristiques principales de tous véhicules de combat : mobilité, puissance de feu et protection. Il illustre aussi la capacité de certains véhicules à intégrer ou non des modernisations incrémentales (parfois lourdes) durant toute sa carrière opérationnelle, sans modification profonde de son architecture.
 
Contexte

Il s’agit du 2nd déploiement opérationnel de ce type de véhicule après l’envoi à partir de juin 2012 d'une trentaine d'exemplaires en Afghanistan lors de la phase de retrait de la province de Kapisa. Des VAB ULTIMA auraient dû rejoindre le Mali au printemps 2013 dans le cadre de l’opération Serval, mais sont sans doute, à ma connaissance, directement partis en RCA pour l'opération Sangaris.

lundi 31 mars 2014

Mali - Militaires français, maliens et tchadiens face à une guérilla...

Rien de très confidentiel comme contenu, mais des points intéressants...

Tout en appuyant la montée en puissance des forces armées maliennes (FAMA) et de la mission onusienne (MINUSMA), les militaires français de l'opération Serval poursuivent au Mali leur lutte contre les groupes armés terroristes - GAT (car des groupes non-armés terroristes existent ?).

Comme noté dans un récent article, les militaires français des unités conventionnelles font face aujourd'hui surtout à un adversaire mobile, léger et fuyant. Ainsi, les militaires du 7ème BCA (Varces) n'ont eu aucun contact avec ces GAT depuis leur arrivée au Mali (fin janvier).


Évitant généralement les contacts directs, les GAT privilégient les modes d'actions indirects : pose de mines sur les voies les plus employées, utilisation d'IEDs (Improvised Explosive Devices), tirs de roquettes (type CHICOMs), etc. 

Michael Yon, ancien membre des forces spéciales américaines, aujourd'hui journaliste free-lance (souvent intégré au sein d'unités militaires en Irak et en Afghanistan), a récemment publié 3 intéressants documents (avant d'autres ?) permettant d'illustrer ces modes d'actions ennemis.

jeudi 20 mars 2014

Histoire - L'Algérie et l'Afghanistan, finalement, c'est comparable ?

Nombreux ont été ceux qui ont tenté de manière plus ou moins convaincante de comparer les opérations militaires durant la guerre d'Algérie et la guerre d'Afghanistan, avec des avis souvent un peu définitifs, répondant un coup oui, un coup non...
 
C'est donc l'une des qualités de l'ouvrage présenté ici que de se plonger dans cet exercice comparatif mené point par point par le lieutenant-colonel Gaillot, qui a été notamment officier renseignement de novembre 2009 à juin 2010 dans la province de Kapisa.
 
Merci à lui d'avoir bien voulu répondre à ce quelques questions sur son livre qui marie habilement mémoire, témoignage et histoire.
 
 
Quels étaient vos objectifs quand vous vous êtes lancé dans cette comparaison entre ces deux conflits ?

En premier lieu, je désirais rendre hommage à tous les soldats français qui ont donné leur vie en Afghanistan et en particulier à trois d'entre eux qui m'étaient particulièrement proches.

En second lieu, je souhaitais témoigner de ce que l'armée française avait réellement fait en Afghanistan. Je ne retrouvais pas ce que j’avais vécu et ressenti au travers des différents médias que nos concitoyens ont pu lire, entendre ou regarder depuis le début de notre engagement dans cette mission longue, complexe et dangereuse mais ô combien exaltante. Je souhaitais en particulier mettre en exergue le professionnalisme, la capacité d'adaptation mais aussi le courage et parfois l'héroïsme de nos soldats, qui sans bien appréhender les raisons de notre engagement dans ce conflit, n'ont jamais douté et ont fait preuve d'un remarquable sens du devoir. Voir des jeunes issus d'une société assez égoïste et matérialiste se comporter avec une telle exemplarité dans l'adversité est pour moi un grand signe d'espérance et je voulais en témoigner.
 

jeudi 13 mars 2014

Hors-série prometteur - La cavalerie au combat : récits et témoignages

Les éditions Caraktère sortent d'ici quelques jours un hors-série exceptionnel sur la cavalerie française au combat. En effet, le HS n°24 de Batailles et blindés sera entièrement consacré à l'engagement des différentes unités de l'arme blindé cavalerie (lourde, légère, renseignement, etc.).
 
 
En plus de la présentation de la cavalerie aujourd'hui (doctrine, organisation, etc.), et avec la qualité que nous connaissons aux publications de cette maison d'édition, ce numéro fera la part belle aux témoignages des acteurs engagés au Mali, en Afghanistan, en Côte-d'Ivoire, au Tchad, etc.

 
Plus de 200 illustrations (dont un certain nombre sont inédites) viendront compléter les 150 pages de ce magazine, entièrement rédigé par des cavaliers (officiers, sous-officiers, militaires du rang), avec 15 pages d'infographies présentant les principaux matériels en 3D (Leclerc, VB2L, AMX-10RCR).

 
A mettre dans toutes les mains pour découvrir ou mieux comprendre en quoi la cavalerie via toutes ses composantes a été et sera au cœur de la mêlée et du combat interarmes d'hier et de demain.
 
C'est en plus un bel hommage rendu à tous ces cavaliers engagés aujourd'hui quotidiennement en opérations et dans quasiment toutes les dernières opérations menées par les armées françaises.

Très bientôt dans les kiosques.

A NOTER : les bénéfices des ventes de ce numéro seront intégralement reversés à l'association "Terre Fraternité" qui accompagne les blessés de l'armée de Terre, et leurs proches.

vendredi 7 mars 2014

Colloque - "Diplomatie de défense" (Paris, le 10 et 11 avril)

Le Centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Cöetquidan (CREC), en partenariat avec la délégation aux affaires stratégiques (DAS), organise le 10 et 11 avril à Paris (immeuble Chaban-Delmas, à l'Assemblée Nationale) un colloque international sur la diplomatie de Défense.
 
Le programme (disponible ici), ainsi que les modalités pratiques, promet d'intéressantes contributions, pour un sujet plus que jamais au cœur de l'action des forces armées françaises dans les années à venir.
 
 
Quelques réflexions sur ce blog et ailleurs :
Ne manquez pas également cet entretien de l'amiral Gillier (DCSD), actuellement un des acteurs clés en France pour ces activités de diplomatie de Défense : un amiral au Quai d'Orsay (Cols Bleus).
 
Pour plus de précisions, son audition à la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale est également une lecture incontournable (05/02/2014).

lundi 3 mars 2014

Ukraine / Crimée : c'est maintenant que tout commence...

Quelques idées.

Ce WE en Ukraine, un élément de rupture est donc intervenu dans ce qui était jusqu'alors qu'une situation de pré-crise internationale. Faute d'issue favorable, en partie du fait de la volonté des différents acteurs à ne pas en trouver, la phase de gesticulations, qu'elles soient militaires (avec par exemple, la tenue d'un exercice), diplomatiques, déclaratives, a conduit à une escalade, plus ou moins maîtrisée par chacuns, ouvrant sur une crise sous-régionale, puis rapidement sur une crise internationale.


Maskirovka - "Désilhouettage" à grande échelle pour les militaires russes (pas d'insignes, plaques d'immatriculation retirées, etc.) pour empêcher la reconnaissance visuelle de l'appartenance à telle ou telle unité, mélanger unités spéciales et conventionnelles, gagner de précieuses heurs pour dissimuler ses intentions, etc. 

De l'intérêt de la prise de gage territorial

Les actions prennent alors un tournant plus paroxystique, certains arrivant plus que d'autres à jouer de manière intégrée entre les différents outils (outil militaire, nœuds de flux énergétiques, etc. au service ou non d'une politique de puissance). Le préalable évident est évidemment de pouvoir disposer de ses outils, les débats sur la puissance douce, vis la juste puissance vs la puissance dure trouvant un nouveau champ d'application. Finalement, il est donc logique que les acteurs, dépourvus de certains outils tentent d'amener les acteurs sur d'autres échiquiers où il sera possible de manœuvrer.

mercredi 19 février 2014

Centrafrique : l'exemple-type de ce qu’il ne faut pas faire ?

Alors qu’au moins jusqu’au 23 janvier, il n’était pas envisagé d’envoyer en Centrafrique de renforts militaires français, il a donc été finalement décidé 15 jours après de le faire, signe, sans doute, d’un changement, pas forcément positif, de « l’état des choses ».
 

Le capitaine Arno (sic), ce héros ! L'excellence tactique est souvent le paravent pratique, mais épuisant, de l'absence de réponses appropriées à certaines questions.
 
Gagner 1 à 2 pions pour repousser l'éventualité de l'échec

Les débats des "experts auto-proclamés" (qui se trouvent n'avoir finalement pas entièrement tort, et mériteraient, parfois, d'être écoutés, ou moins méprisés) sur la nécessité d'envoyer pour les uns 10.000 hommes, pour les autres 80.000 (qui dit mieux ?) auront au moins permis de montrer que le compte n'y était pas... 400 militaires supplémentaires viendront donc en renfort des 1.600 hommes théoriquement déjà sur place. Au passage, les forces spéciales françaises dont le déploiement à Birao, au Nord-Est du pays dans la zone dite « des trois frontières », a été annoncé par un député lors d’une audition à l’Assemblée nationale, sont-elles comptabilisées dans ce chiffre-plancher ?
 

jeudi 16 janvier 2014

Café stratégique : "Sur les champs de bataille", avec Jocelyn Truchet (le 23/01/14 à 19h au Café Le Concorde - Paris)


L'invité sera à la disposition de ceux qui souhaitent se faire dédicacer son ouvrage. N'oubliez donc pas votre exemplaire !
 
Pour suivre l'actualité de l'auteur : rendez-vous sur son site, sa page Facebook ou son compte Twitter.
 
Voir ici une fiche de lecture de son ouvrage par Le Mamouth : "Avec les montagnards de Black Roc".
 
Le colonel Michel Goya (CDEF / AGS / La voie de l'épée), auteur de l'ouvrage "Sous le feu - La mort comme hypothèse de travail", sera également présent pour apporter son éclairage.
 

mercredi 25 décembre 2013

Joyeux (et saint) Noël à tous ! Et à l'année prochaine ! (+ best-of 2013)

Un très joyeux (et saint) Noël à vous tous et à tous vos proches. Une pensée plus particulière pour tous ceux qui, en opérations, seront loin de leur famille.
 
 
L'année 2013 se termine. Une année qui a encore apporté son lot de passionnants échanges et de riches rencontres. Gageons qu'il en soit de même en 2014.
 
Lors de l'année écoulée, Mars Attaque a pris, grâce à vous, une autre dimension, notamment avec un bond significatif en termes de nombre de lecteurs et de reprises dans les médias. Merci.
 
Pour patienter d'ici l'année prochaine, voici un rapide récapitulatif des articles de l'année que vous avez le plus consulté (et dont les réflexions restent globalement d'actualité) :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Enfin, n'oubliez pas, en plus des commentaires en bas des articles, il est aussi possible d'échanger en suivant Mars Attaque sur le compte Twitter ou sur la page Facebook.
 
A l'année prochaine !

dimanche 15 décembre 2013

Centrafrique : pourquoi ne pas envoyer la Gendarmerie nationale ? (+ MAJ 1 + 2)

Quelles sont les raisons qui empêcheraient le déploiement d'éléments de la Gendarmerie nationale, en particulier d'escadrons de gendarmes mobiles (EGM), dans le cadre de l'opération Sangaris ? 


La réponse apportée à la grave crise à Bangui et dans de larges territoires de la République centrafricaine (RCA) gagnerait à être complétée par des acteurs autres que ceux des trois armées. La France tirerait des bénéfices certains de la spécificité de cette autre composante des forces armées.

Des gendarmes déjà présents...

Ce déploiement de gendarmes se ferait en plus de celui déjà effectif de : 
  • la prévôté (police judiciaire au sein des armées présente dès lors qu'une force interarmées est déployée en opérations extérieures) ;
  • des éléments en charge de la protection des intérêts français (de l'ambassade de France à Bangui et de certaines autres emprises) ;
  • des gendarmes de la coopération technique et structurelle auprès de la gendarmerie et de la police centrafricaine dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité (RSS). 

mardi 10 décembre 2013

Publication - 45 ans d’opérations militaires françaises en RCA (CDEF)

La dernière livraison de la Lettre du RETEX du CDEF (téléchargeable ici en PDF) est consacrée à un retour sur 45 années d’opérations militaires françaises en Centrafrique, alors que se déroule l’opération Sangaris. Par rapport à l'article rédigé sur Mars Attaque il y a quelques semaines, des ajouts ont été effectués, notamment sur les événements les plus récents qu'a connu la RCA.
 
http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/content/download/4953/68228/file/08_45_ans_en_RCA.pdf
 
Via un format court (de 5 à 8 pages), les "Lettre du Retex" (cf. ici) sont des notes exploratoires et réactives, puisant dans les sciences et les expériences les plus diverses pour éclairer l’actualité tactique. Le CDEF (Centre de doctrine d'emploi des forces) est un organisme rattaché auprès du chef d'état-major de l'armée de Terre qui vise à assurer la cohérence du corpus doctrinal de l'armée de Terre.
 
 
Merci au colonel Goya (La Voie de l'Epée) de m'avoir offert l'opportunité de cette publication, surtout pour un organisme auprès duquel j'ai passé, il y a quelques temps, 2 enrichissantes années.
 
Je présente mes condoléances aux familles et aux camarades des 2 militaires tués au combat ce matin. Je ne peux qu'inviter les lecteurs à rester mobilisé lors de l'annonce des dispositions pour l'hommage national qui sera leur sera rendu, notamment en cas d'invitation à venir se recueillir au passage de leur convoi sur le pont Alexandre III (Paris). Nous ne vous oublions pas !
 
 

L'un,  le marsouin de 1ère classe Antoine Le Quinio, avait 22, l'autre, le marsouin de 1ère classe Nicolas Vokaer, avait 23 ans. Ils avaient moins de 3 ans de service et déjà 2 à 3 MCD (missions de courte durée) et OPEX (opérations extérieures) au compteur. Aujourd'hui, ils sont morts pour la France au combat. Retenons cette image d'une belle jeunesse française !