samedi 20 décembre 2014

Expression des militaires - A propos des 7 derniers gladiateurs

Depuis le départ récent à la retraite de l'un et le passage en 2ème section de l'autre, il n'y a plus que 7 blogs tenus par des militaires - hors Gendarmerie - encore en activité et ayant un rythme de publications non erratique.

Dommage.

Un jugement qui ne néglige évidemment pas l'apport que représente les jeunes ou moins jeunes retraités de tous grades qui en tiennent un, ainsi que les officiers généraux en 2ème section.

Traitant de sujets extrêmement divers (Histoire, cyber, tactique, OTAN, etc.),  les 7 derniers (si je n'en ai pas manqué) sont :
Ils sont tous tenus par des Terriens, n'ayant pas, d'une certaine façon, attendu le récent lancement du pôle Rayonnement de l'armée de Terre, une initiative à 1ère vue prometteuse.



mercredi 17 décembre 2014

En Afghanistan avec les Oies sauvages - Entretien avec le colonel Haberey (+ MAJ)

De juin à novembre 2012, le colonel Gilles Haberey était en Afghanistan à la tête du groupement Oies sauvages, constitué autour du 92ème régiment d'Infanterie (Clermont-Ferrand). Il y conduit la délicate phase de retrait de certains des derniers postes français tenus en-dehors de la capitale afghane et de leur transfert aux militaires afghans.


Dans un ouvrage tout juste publié, "Combats asymétriques en Afghanistan" (chez Nuvis), il revient sur les différentes phases de cette mission, mettant très concrètement l'humain (le chef face aux responsabilités, le combattant face à la mort, le militaire afghan face à ses choix, etc.) au cœur de cette expérience. Il a bien voulu répondre à quelques unes de nos questions.

1/ Tout d'abord, mon colonel, pourquoi avoir écrit un tel ouvrage ?


J’ai souhaité rédiger cet ouvrage principalement pour mettre à l’honneur les hommes que j’ai commandé et qui m’ont suivi, officiers, sous-officiers et soldats, dans le cadre d’une mission complexe d’où le danger physique n’était pas absent. Ensuite, après avoir longuement échangé avec des amis, j’ai été encouragé à partager par écrit ce vécu et les réflexions qui furent les miennes, afin que l’expérience ne disparaisse pas avec le temps et puisse servir, au moins en partie, à d’autres.

lundi 15 décembre 2014

Pour une guerre des chiffres, il faut des chiffres et une guerre…


Hier, c’était "De mai 2009 à mai 2010, les prises à partie en Afghanistan augmentent de 80%. Entre mars et juin 2010, 121 chefs insurgés sont éliminés par les forces spéciales. Enfin, entre septembre 2008 et mars 2010, des sondages effectués auprès des populations locales indiquent que le taux de satisfaction concernant la sécurité passe de 35% à 43%".

Et avant-hier, c’était "Entre janvier 1964 et janvier 1965, le nombre mensuel d’incidents (embuscades, tirs de harcèlement, mines, etc.) contre les unités américaines et celles de l’ARVN (Armée de la République du Viêtnam) passe de 1.600 à 2.000, le nombre d’ennemis tués d’environ 1 250 à 2 150 par mois et le nombre d’armes saisies double".

A chaque fois : "Oui, peut-être, et alors ?".

C’est principalement à partir d’indicateurs chiffrés comme ceux-ci que l’évolution de ces guerres est ou a été évaluée, par les militaires, par les responsables politiques comme par les opinions, notamment via une reprise, avec une, hélas, très rare mise en perspective (tendances, comparaisons, etc.), dans la presse, les communiqués, etc. Aujourd’hui, ces metrics, pour reprendre l’anglicisme, ne sont plus seulement des aides utilisées avec plus ou moins d’efficacité par tous les niveaux décisionnels, ils sont devenus de véritables objets politiques qui se heurtent malgré tout à la nature immuable de cette activité humaine qu’est la guerre. Souvent, ils permettent, au mieux, d’entretenir le brouillard de la guerre plus que de le lever (parfois sciemment pour éviter de poser les douloureuses questions), au pire, via des biais de perceptions (notamment dans leurs édifications : ne pas faire pire qu’avant, etc.), de s’enferrer dans de dangereuses illusions sur les fins.

vendredi 5 décembre 2014

Entretien - Où en est-on de l'Europe spatiale ? avec Guilhem Penent

Cet entretien avec Guilhem Penent, doctorant en sciences politiques, chercheur associé à l'IFRI, rédacteur du blog De la Terre à la Lune et auteur du récent L’Europe spatiale : le déclin ou le sursaut (Edition Argos), a été réalisé en collaboration avec le blog Ultima Ratio.
 
Quelques jours après la décision politique du lancement du lanceur Ariane 6 d'ici 2020, il développe quelques unes des grandes problématiques de l'Europe spatiale, civile et militaire, secteur où la France tient encore aujourd'hui l'un des rôles majeurs.
 
 
1/ A l’objectif pour l’Europe "d’autonomie dans l’espace", vous préférez celui de "maîtrise de l’espace". En quoi cette distinction permet de donner l’orientation nécessaire pour mener les futurs efforts nécessaires ?

Permettez-moi tout d’abord de rappeler que plusieurs logiques guident l’effort de l’Europe spatiale et l’autonomie n’est pas nécessairement celle qui est la plus souvent mise en avant ou la plus à même de mobiliser. Elle n’est pas non plus la première historiquement puisque c’est à la recherche scientifique que la première agence spatiale européenne, l’ESRO, constituée il y a exactement cinquante ans sur le modèle du CERN, était consacrée. Ce n’est pas un hasard si l’organisation qui lui a succédé en 1975 sous le nom de l’ESA s’est construite autour d’un programme scientifique obligatoire qui est considéré de ce fait comme la colonne vertébrale soutenant tout l’ensemble.

Vous avez toutefois raison de sous-entendre que l’objectif d’autonomie a joué un rôle essentiel dans la construction du spatial en Europe. Ainsi, le succès de la sonde Rosetta ne montre pas seulement que l’Agence spatiale européenne est capable de grande prouesse en tant que structure dédiée à la coopération scientifique et technologique, il est aussi la preuve que les Européens qui ont beaucoup souffert par le passé des revirements à répétition de la NASA n’ont pas besoin d’aide pour être ambitieux et peuvent grâce notamment au programme Ariane explorer seuls l’univers. Aussi "l’autonomie" émerge-t-elle assez naturellement comme le principe politique fondateur sans lequel l’édification d’une politique spatiale digne de ce nom ne serait pas possible.

lundi 24 novembre 2014

Entretien - En poste auprès des unités méharistes maliennes

Le lieutenant-colonel Paul Pierre Valli, aujourd’hui à la retraite, a été un des derniers militaires français à avoir été le conseiller militaire auprès de la garde nationale du Mali (GNM) de 2005 à 2007. Il a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions, alors qu’au travers l’opération Barkhane, les militaires français réinvestissent, pour plusieurs années, les étendues désertiques, mais pas vides de populations, du Sahara.

Mon colonel, qu’elle était votre mission ?

J'ai été affecté via la DCMD (ndlr : Direction de la coopération militaire et de défense, organisme rattaché au ministère des affaires étrangères, aujourd’hui devenu Direction de la coopération de sécurité et de défense) à l'été 2005 sur le poste "mythique" de conseiller militaire auprès du colonel commandant la GNM au Mali. J’y suis resté deux ans.


Ma mission était d'apporter à cette unité prestigieuse un soutien financier et donc diplomatique directement par le biais de projets au profit de l'état-major et des unités de la GNM. Le souhait de la DCMD était en fait de pérenniser et de soutenir les 6 unités méharistes installées aux frontières du Nord du pays

mercredi 19 novembre 2014

Préférer parfois détruire et souvent construire, que l'inverse...

Le gouvernement n’en a rien à faire ! Les Français s’en fichent ! Les journalistes sont tous des pourris qui n’y comprennent rien ! Nous sommes seuls ! Etc. Combien de fois n’avons-nous pas entendu de tels commentaires à propos des réactions (ou d’une supposée absence de réactions) des uns et des autres suite à la mort en opérations d’un de nos militaires ?


Les jours qui ont suivi la mort tragique de l’adjudant Dupuy au Mali n’ont pas manqué, hélas, de confirmer, cette impression de voir apparaître en nombre ce genre de commentaires de la part de personnes, souvent touchés par un tel drame du fait de liens familiaux, professionnels, associatifs, etc.

Pourtant, il pourrait presque s'agir d’idées reçues, en partie fausses (le célèbre prisme du verre à moitié vide ou du verre à moitié plein), ou de biais potentiellement dangereux (du moins néfastes).

vendredi 31 octobre 2014

Mobilisation à Paris... et ailleurs ! Hommage à l'adjudant Dupuy le 5 novembre #MPLF (+MAJ)

Appartenant au CPA 10 (Orléans), l'adjudant Thomas Dupuy est mort pour la France au combat le 29 octobre au Nord du Mali.
Avant une cérémonie intime d'honneurs militaires entouré de ses frères d'armes à l'Hôtel des Invalides, son cortège funèbre passera sur le pont Alexandre III (Paris) à 09h30 le mercredi 5 novembre.

Comme il est d'usage en pareille occasion, nous sommes tous invités par le gouverneur militaire de Paris, le général Charpentier, à lui manifester notre hommage par une présence digne et silencieuse.

De plus...

Afin de pouvoir associer le plus grand nombre à cet hommage, notamment ceux qui sont loin de Paris (et ils sont nombreux...), nous proposons de vous rendre le même jour devant le monument aux morts de votre commune, même très brièvement.

Pour montrer publiquement notre solidarité et notre hommage, nous vous invitons à diffuser une photo de ce monument (ou, par exemple, d'un drapeau français pris en photo sur un monument public) sur les réseaux sociaux.

Cette photo sera accompagnée de la mention "Hommage aux morts pour la France" ou "Nous ne les oublions pas", associée au hastag #MPLF pour "Mort pour la France".

Nous ne l'oublions pas, ni lui, ni ses proches, notamment sa compagne, puis à tous ses camarades, notamment à ses frères d'armes blessés lors du même combat.
 
MAJ : A quelques jours du 11 novembre, jour de souvenir de tous les soldats décédés en opérations, l'opération #MPLF pourrait se prolonger dans sa forme jusqu'à cette date.
 
Il s'agira ainsi de rendre hommage à tous ces soldats et garder en mémoire, par notre bien simple geste, les combattants des différentes générations de feu, de la 1ère guerre mondiale à aujourd'hui en passant par la 2nde guerre mondiale, l'Indochine et l'Algérie.
 
Tous unis, par leur engagement, par ce même destin : morts pour la France !

NB : Il s'agit de respecter lors de cette démarche d'hommage décentralisé pour associer le plus grand nombre le même principe que celui qui guide l'hommage à Paris : aucune récupération politique, et une présence digne, silencieuse et fraternelle.

mardi 28 octobre 2014

About the operation Serval in Mali - Interview with Michael Shurkin (Rand)

Michael Shurkin, a political scientist at the Rand Corporation, is the author of a recent and interesting research report about the operation Serval in Mali ("France's War in Mali: Lessons for an Expeditionary Army"). He kindly agreed to answer some questions to better understand, in some way, this US point of view about this French operation and to describe some lessons learned for the US. Army. Thanks!
 

1/ What are the 2 or 3 main characteristics of the operation Serval, from an U.S. point of view?

The three main characteristics of French expeditionary operations that are of interest to the US military are 1) France's comfort and facility with operating at a small scale; 2) French units agility with respect to task organization, specifically the capacity to aggregate, disaggregate, and re-aggregate units as required with apparently little waste or, to use the term I hear most often in the Army, "turbulence;" and 3) acceptance of risk, which is related to the first two points. The French Army in Serval took risks that the US Army would not have taken. This is related to the size issue because the US would respond to risk primarily by sending more and heavier forces with greater resources.
 

lundi 6 octobre 2014

Iraq - About attack helicopters: Is it time for 'vampires' deployment?

The U.S. CENTCOM, in a recent daily statement about U.S. activities against Islamic State, unveiled a strike made by an attack helicopter against targets West of Baghdad on October 4, 2014. If the official report provided no details about the type of helicopters, Defense online magazines indicated that they were likely AH-64 Apache helicopters deployed to Baghdad International Airport in July to initially provide protection to U.S. facilities.
 
 
The first strike by those types of assets, during an Air-Power-centric campaign, reminds the use of French and British attack helicopters during the 2011 Libyan campaign. The deployment of those Land-Power-centric assets aimed to break a stalemate that a predominantly air campaign (without enough local troops on the ground for intelligence or kinetic actions) could not solve wholly by itself.
 

mardi 30 septembre 2014

Lecture pour commencer à y comprendre quelque chose - "Attention : Cyber !"

Grâce et face aux évolutions induites par le cyber-électronique, pourquoi et comment penser autrement le phénomène guerrier et agir différemment ? Pour les deux officiers de l'armée de Terre, auteurs de l'ouvrage "Attention : Cyber !", il s'agit, en retournant la citation d'Henri Bergson, de proposer des réponses à ces deux questions en "Pensant en homme d'action pour pouvoir agir en homme de pensée". Car, si "le cyber ne permet pas de gagner seul la guerre, mais que perdre dans le cyber, c'est perdre tout court", encore faut-il en prendre conscience, être convaincu et s'adapter en conséquence.

 
Si la guerre, sujet central de l'ouvrage (ce qui exclut donc de facto certaines problématiques liées au cyberespace), ne change pas de nature, restant cette activité humaine immuable d'affrontement de volontés, elle change bien de visage nécessitant une adaptation pour faire face à cette évolution, plus qu'à une quelconque révolution comme le démontre les auteurs par la mise en perspective historique préalable.
 

mardi 23 septembre 2014

Irak - Faut-il rajouter des bâtons de dynamite dans la chaudière ?

Le gouvernement français a donc jugé que la balance bénéfices-risques, pour reprendre une expression issue du domaine médical, permettait et réclamait une plus grande participation militaire de la France (car elle participait déjà de fait) dans l’application du traitement administré aux menaces que fait peser l’Etat islamique.
 
 
Du fait de nos intérêts, de nos valeurs et de nos alliés (3 critères qui peuvent permettre d’apprécier génériquement une décision de participer ou non à une coalition), un pas de plus a été franchi avec une mission aérienne par jour depuis 1 semaine. Nos forces ont même mené une 1ère frappe, utilisant pour cela pas moins de 4 appareils (1 ATL-2, 2 Rafale, 1 C-135 ayant effectué son 1er vol en 1964 cela dit en passant), belle illustration, au-delà de l’aspect technique d’un raid mené avec succès, d'une certaine forme d’épuisement du modèle occidental de la guerre tant les parkings à détruire sont nombreux en Irak pour des moyens comptés...

Maintenant, pour les responsables politiques français, il y a, pour combler déjà un certain retard, une triple nécessité d’information, notamment via la séquence médiatico-politique en cours (allocution du Président suite aux 1ères frappes, participation au 20H de France 2 du ministre de la Défense ce jour, débats au Parlement demain…).

lundi 8 septembre 2014

Entretien - Les sapeurs français au combat en Afghanistan (Christophe Lafaye)

Christophe Lafaye vient de recevoir le Prix d’Histoire militaire 2014 de la DMPA (Ministère de la Défense) pour sa thèse « L’emploi du génie en Afghanistan (2001-2012). Adaptation d’une arme en situation de contre-insurrection. Hommes, matériel, emploi », réalisée sous la direction du LCL Rémy Porte. Chercheur rattaché au CHERPA (IEP d’Aix-en-Provence), il est également officier de réserve au 19e Régiment du Génie (Besançon).

Il a bien voulu répondre à nos questions, dans un long (et riche) entretien visant à mettre en avant le délicat travail réalisé par nos sapeurs en Afghanistan durant ces 12 années, tout en l'intégrant dans le temps long de l'histoire récente de l'arme du génie d'une part, et des opérations interarmes d'autre part. Il est également un hommage aux 13 sapeurs qui y ont perdu la vie dans l'accomplissement de leur mission. Ne les oublions pas.

 
1/ Pour les sapeurs français, les opérations en Afghanistan s'inscrivent-elles dans une continuité historique ou marquent-elles une rupture ?

Nous ne pouvons pas parler franchement de rupture mais de la poursuite d’une évolution. L’Afghanistan est un moment de redécouverte des savoir-faire propres à la lutte de contre-guérilla, avec les techniques et les moyens du XXIème siècle. L’armée française puise dans sa riche histoire coloniale, dans « les bonnes pratiques » de ses alliés et dans la capacité d’innovation de ses hommes. A l’échelle de l’histoire du génie des 50 dernières années, ce conflit semble répondre à la première guerre du Golfe (1990-1991), qui avait été propice à la redécouverte des actions offensives dans le cadre d’un conflit conventionnel en coalition. Cette guerre, ainsi que les opérations de maintien de la paix de l’ONU et celles menées sous l’égide de l’OTAN, ont façonné le génie qui se trouve projeté en Afghanistan dès la fin de l’année 2001. De mon point de vue, nous pouvons voir s’esquisser une forme de continuité, marquée, il est vrai, par les nombreuses inflexions politiques au fil des « Livres Blancs ».

mercredi 3 septembre 2014

Felin - La reine a pris trop de poids

Trop lourd et trop encombrant, sauf peut-être en défensive et de nuit. La reine des batailles française est bien contrainte à une sévère cure d'amaigrissement, en plus d'une réflexion innovante sur la modularité, pour retrouver des marges d'efficacité. Le constat évoqué par des militaires du 8ème RPIMa sur le système d'arme FELIN en combat, à pied ou motorisé, en localité est à ce sujet sans appel. Rien de fondamentalement non connu (quoique...), mais un rappel et une synthèse.

 
Ayant commencé à le recevoir fin 2011 le système FELIN, le 8ème RPIMa (Castres) a eu l'occasion de l'utiliser en zone urbaine en opérations extérieures (l'année dernière à Bangui) comme au centre d'entraînement Cenzub (Sissonne), pour des évaluations ou des expérimentations. Une expérience qui permet d'amasser quelques avis frappés du coin du bon sens sur son utilisation.
 

jeudi 28 août 2014

"Au nom de l'humanité", n'intervenons pas (forcément plus) en Irak

En écho au titre d'une tribune (liée à une pétition, cf. ici) publiée sur Marianne et La Croix où les signataires appellent à "une intervention urgente de troupes terrestres, sous mandat de l'ONU", les quelques points qui suivent ont vocation à modestement apporter, si ce n'est pas fondamentalement la contradiction, du moins des éléments de réflexion, non définitifs, à un débat qui n’est ni anodin ni clos. Il y dépasse ainsi, et c'est tout à leur honneur, la simple indignation ou l'affichage - nécessaire mais peu engageant - du "noun" (ن) que certains prennent pour un absolu alors qu'il ne devrait être qu'un début (Si chacun donnait, mobilisait, faisait connaître...).


De prime abord et dans un effort louable, les auteurs réussissent, en partie, à dépasser un ton clivant qu’il serait possible de résumer par « les catholiques parlent aux catholiques au sujet des catholiques », écueil qu'ils auraient pu connaître de par leur origine, alors que la situation dépasse ce prisme . Ensuite, il est possible de regretter une approche se limitant à définir avec détails la justesse de la cause (difficilement critiquable vu la situation, quelque soit l’identité multiple des populations visées : Kurdes, Yézides, Chrétiens, etc.). Dans la définition d’une stratégie (c’est finalement cela qui est proposée), et sans aborder des points du « domaine réservé » des techniciens de la chose militaire, les auteurs (à la fois  "peuple" et "chef d’état" de la trinité de Clauzewitz, de par leurs fonctions) auraient pu définir (ou du moins proposer) les fins, raisonnables il en va s’en dire. Ce "plus grand bien" qui doit émerger par l'usage de la force, "sans entrainer des désordres plus graves que le mal à éliminer " tout en ayant réunies "des conditions sérieuses de succès" (qui sont en l'espèce à discuter).


samedi 2 août 2014

Un peu de lecture - Et bonnes vacances...

Quelques propositions estivales de lecture, pour tous les goûts, qui peuvent changer, j'en conviens, du roman de plage...
- "Les larmes de nos souverains" : la pensée stratégique navale française... (CESM) : parce que la stratégie navale n'est pas l'œuvre des seuls Mahan et Corbett, à la découverte des figures françaises comme Richelieu, Lapeyrouse-Bonfils, Castex, etc.
- "Enjeux et défis de la stratégie navale sud-coréenne" (CESM) : comprendre un peu mieux l'aire de tensions qu'est l'Asie via la montée des ambitions de la Marine coréenne, en qualité comme en quantité, au service d'une posture stratégique bien définie.
- "Evolution du dispositif militaire français en Afrique et suivi des opérations en cours" (Assemblée nationale) : un point très complet sur le dispositif actuel et à venir, avec les grands enjeux : externalisation, formation, etc. A lire.